En juin 2018, le Download Paris tient sa troisième édition et fait profiter le camping d’une scène inédite chaque matin avant le début du festival ; une opportunité pour découvrir des groupes ou pour se lever du bon pied. Et je me souviens que ce matin du 16 juin la journée avait très bien commencée : il faut dire que c’était Jean Jean qui ouvrait le bal ce jour-là.
Un groupe que je connaissais ni d’Eve ni d’Adam et pour lequel je n'attendais rien de bien spécial… Pourtant, ce sont les yeux émerveillés et complètement hypnotisés que j’ai passé le reste du concert à les voir jouer. S’étalaient devant mes yeux un guitariste frénétique dansant comme s’il était possédé en la personne de Sébastien Torregrossa, un claviériste trafiquant sa voix et tous les sons possibles sortant de son synthé en la personne de Grégory Hoepffner et enfin un batteur trop content d’être là en la personne d’Edouard Lebrun.
Bref, un passage remarqué dont je garde le souvenir avec mon exemplaire de Froidepierre dédicacé pendant le concert suivant alors que Jean Jean, coincé derrière les barrières, attendait que je ramène des sous depuis ma tente pour enfin l’acheter.
Un groupe dont je suis les péripéties depuis, avec sourire et tendresse, me disant que je les reverrais forcément un jour ; avec leur tournée j’espère pouvoir réaliser ce rêve. Pas dit qu’ils ramènent les viennoiseries pour les premiers rangs cette fois-ci…
Bref, quand j’ai vu que Jean Jean était enfin de retour avec un nouvel album, je ne pouvais qu’être heureux : le groupe dont je vantais les mérites à toutes mes connaissances proposait enfin quelque chose de neuf ! Rien de plus excitant que de découvrir ça avec un premier single Prey Trigger : et là tous mes souvenirs d’il y a 4 ans affluent : le groupe déborde toujours d’énergie et nous propose une musique toujours aussi envoûtante !
En cette fin d’année, après avoir été obnubilé par le dernier Brutus, il me fallait obligatoirement laisser mon coup de cœur de côté pour me rapprocher de cette vieille connaissance qu’était Jean Jean, car il était de mon devoir de l’écouter afin de voir ce qu’il avait à me proposer. Mes attentes étaient alors gigantesques : je venais de prendre une claque monumentale avec Unisson Life de Brutus, il leur fallait donc au moins égaler ce résultat ! L’écoute des premiers singles m'avait au moins confortée dans cette optique, je m’y suis donc plongé sans peur et sans crainte avec le désir secret d’embrasser tout ce que je découvrirais.
Avec le recul, je regrette de ne pas avoir retranscrit avec attention mes premières sensations lors de la découverte de cet album ; un exercice que j’avais adoré faire lors de la découverte de Witness de Vola. Il faut dire que je n'ai pas eu le luxe de lui réserver une première écoute attentive pour pleinement savourer l’aventure. Un regret vite oublié par justement cette aventure délicieuse qu’est Fog Infinite. Je retrouve tout ce qui m’avait ensorcelé lors de ce matin de juin et qui m’accompagne depuis à chaque fois que je me replonge dans leur discographie.
Jean Jean est vraiment une douceur qu’il me tardait de retrouver et je suis plus que ravi de voir qu’ils sont toujours aussi excellents !
Je me souviens cependant d’avoir été surpris par cette nouvelle direction musicale qui, après plusieurs écoutes, me semblent tellement naturelles que j’en ai vite oublié la raison. Il faut dire qu’à force d’écoute, la surprise laisse peu à peu la place à la joie des retrouvailles et à l’engouement que me procurent ces mélodies riches et dansantes.
Fog Infinite est sans conteste plus abouti et passionnant que ces prédécesseurs !